Interpellation

Pour une saison culturelle rassembleuse à Montreux ?

Auteur : Grégoire Furrer (PLR)

  • Dépot Séance du 8 octobre 2014

    M. Grégoire Furrer donne lecture de son interpellation :

    « Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les conseillères et conseillers communaux, chers collègues,

    Je prends la parole devant vous au nom des trois festivals montreusiens, le jazz, le Comedy et le Septembre musical.

    Comme vous le savez, ces trois festivals se sont récemment inquiétés du fonctionnement de la Saison culturelle et l'ont officiellement écrit au Conseil de fondation, avec copie à la Municipalité le 11 mars dernier. Les trois directeurs ont aussi rencontré une délégation municipale en mai pour échanger sur leur courrier.

    Début octobre, le Conseil de fondation s'est séparé d'un commun accord du directeur de la saison et, un tel changement étant peu courant dans le monde feutré de la culture romande, la presse s'est fait largement l'écho de cette décision, y voyant notamment la main des festivals.

    Aussi, nous aimerions préciser un certain nombre de points importants. Premièrement, les festivals tiennent à rappeler qu'ils entretiennent individuellement et collectivement d'excellentes relations avec l'exécutif, toujours à l'écoute de leur problématique. Les festivals sont aussi reconnaissants des efforts que leur consent le Conseil communal, lorsque nécessaire, comme par exemple le préavis dit de recapitalisation des 3 géants montreusiens.

    Troisièmement, les 3 festivals n'ont nullement l'intention de faire main basse sur la saison ni de s'accaparer, à cette éventuelle fin, de nouvelles aides publiques, comme nous avons pu l'entendre ici ou là. Enfin, en parlant d'une seule voix et en leur nom, les festivals ne souhaitent aucunement exclure les autres acteurs culturels, notamment le Choral Festival, mais ceux-ci n'ont bien sûr pas la même problématique que les festivals qui représentent à eux trois la majorité des productions au Stravinski.

    Les festivals désirent attirer l'attention sur leur crainte quant au management d'un outil aussi prestigieux et compliqué à gouverner que l'auditorium Stravinski, dans un environnement culturel aussi concurrentiel, tendu et fragile que celui que nous connaissons aujourd'hui.  Ces dernières années, le monde de la culture a complètement changé. Nouvelles salles: l'EPFL, maintenant le Rosey à Rolle et la salle du Luna Festival à Nyon, concurrents de plus en plus agressifs, crise du financement culturel que ce soit public ou privé, complexité croissante du management, etc.

    Les festivals sont en prise avec cette réalité au quotidien, luttant pour préserver leur ambition d'excellence. Il est évident qu'une Saison culturelle à Montreux, durant l'année, interagit avec l'ensemble des paramètres auxquels sont confrontés les festivals. Il est par conséquent plus qu'essentiel que les actions culturelles se déroulant au Stravinski soient régies par une seule et même approche, une seule et même ligne, une seule et même vision. Ce qui n'empêche pas bien sûr de faire des différences en fonction des genres et des objectifs poursuivis.

    Aujourd'hui les festivals pensent que la ligne éditoriale de ce que nous voulons faire à Montreux n'est pas suffisamment définie. Ce n'est pas une critique, juste un constat amplifié par le fait que le monde culturel évolue à un rythme de plus en plus rapide.

    Les festivals pensent en outre que trop de structures aux rôles et responsabilités variés entourent la culture. À quoi sert une commission de programmation si elle ne se réunit pas ou si, lorsqu'elle se réunit, elle ne sert qu'à enregistrer un programme déjà bouclé ?

    Comment ouvrir la saison à des productions privées faites par des géants comme Opus One, Live Music ou l’agence Cécilia à Genève sans défavoriser les festivals qui sont en concurrence frontale avec ces sociétés tout au long de l'année et sans priver le public régional d'artistes intéressants ? Ce double objectif ne peut se réaliser qu'en associant les festivals aux productions extérieures et surtout pas en ouvrant la salle, tel un garage, aux producteurs privés extérieurs, comme ce fut le cas récemment.

    De quoi la saison a-t-elle besoin pour fonctionner en complément des festivals ? Quel profil faut-il à sa tête ? Un directeur qui cherchera à imposer tôt ou tard sa propre ligne ? Ou un coordinateur qui rassemblera ? Comme vous avez pu le lire dans la presse, les Festivals pensent qu'il faut un coordinateur ou un secrétaire général et que le titre de ce poste est très important.

    Nous pensons donc que le départ du directeur de la saison doit permettre de réfléchir collectivement et en profondeur sur la question du quoi ? Que voulons-nous comme Culture à Montreux ? Ensuite nous pourrons répondre au "comment", et enfin au "combien". Ces questions sont fondamentales et de leurs réponses dépendra les orientations culturelles majeures pour ces 10-20 prochaines années. C'est d'autant plus nécessaire, à notre avis, de le faire maintenant que le Conseil communal devra se pencher prochainement sur l'avenir du Centre des congrès dont l'activité culturelle est une des composantes essentielles.

    Mes deux questions à la Municipalité au nom des 3 festivals seront donc les suivantes:

    -     Comment la Municipalité et le Conseil de fondation de la Saison culturelle de Montreux entendent associer les milieux culturels concernés, en particulier les 3 festivals évoqués, dans le choix de la nouvelle direction et la fixation des buts et moyens de la saison ?

    -     La Municipalité et le Conseil de fondation de la Saison culturelle de Montreux sont-ils prêts à donner plus d'autonomie à la commission de programmation, dans laquelle siègent tous les acteurs culturels, en la laissant s'autogérer par exemple et/ou en la consultant sur l'embauche et le choix du futur responsable de la saison ?

    Je remercie la Municipalité pour ses réponses et vous remercie pour vote attention. »

  • Réponse à l'interpellation Séance du 8 octobre 2014

    Mme la Municipale Edith Willi déclare qu’elle a déjà eu de nombreuses occasions d’en parler avec M. Grégoire Furrer, ainsi qu’avec les deux autres directeurs, mais elle ne va pas répondre, ce soir, directement à cette interpellation, puisque M. Christophe Privet en a déposé une allant dans le même sens et sur le même sujet, mais avec des éléments différents. Il sera donc répondu par écrit à cette interpellation.

  • Réponse à l'interpellation Séance du 18 mars 2015

    REPONSE ECRITE DE LA MUNICIPALITE

    à l'interpellation de Monsieur le Conseiller communal Grégoire FURRER intitulée « Pour une saison culturelle rassembleuse à Montreux ? » ainsi qu’à l'interpellation de Monsieur le Conseiller communal Christophe PRIVET intitulée « la saison culturelle »

    Monsieur le Président,
    Mesdames, Messieurs,

    PREAMBULE

    Lors de la séance du 8 octobre 2014, Monsieur le Conseiller communal Grégoire FURRER a déposé l'interpellation suivante:

    Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les conseillères et conseillers communaux, chers collègues,

    Je prends la parole devant vous au nom des trois festivals montreusiens, le jazz, le comedy et le septembre musical.

    Comme vous le savez ces trois festivals, se sont récemment inquiétés du fonctionnement de la saison culturelle et l'ont officiellement écrit au conseil de fondation, avec copie à la Municipalité le 11 mars dernier. Les trois directeurs ont aussi rencontré une délégation municipale en mai pour échanger sur leur courrier. Début octobre, le conseil de fondation s'est séparé d'un commun accord du directeur de la saison et, un tel changement étant peu courant dans le monde feutré de la culture romande, la presse s'est fait largement l'écho de cette décision, y voyant notamment la main des festivals ?

    Aussi, nous aimerions préciser un certain nombre de points importants.

    Premièrement, les festivals tiennent à rappeler qu'ils entretiennent individuellement et collectivement d'excellentes relations avec l'exécutif, toujours à l'écoute de leur problématique. Les festivals sont aussi reconnaissants des efforts que leur consent le conseil communal, lorsque nécessaire, comme par exemple le préavis dit de recapitalisation des 3 géants montreusiens. Troisièmement, les 3 festivals n'ont nullement l'intention de faire main basse sur la saison ni de s'accaparer, à cette éventuelle fin, de nouvelles aides publiques, comme nous avons pu l'entendre ici ou là. Enfin en parlant d'une seule voix et en leur nom, les festivals ne souhaitent aucunement exclure les autres acteurs culturels, notamment le Choral Festival, mais ceux-ci n'ont pas la même problématique que les festivals qui représentent à eux trois la majorité des productions au Stravinski.

    Les festivals désirent attirer l'intention des pouvoirs publics sur leur crainte quant au management d'un outil aussi prestigieux et compliqué à gouverner que l'auditorium Stravinski, dans un environnement culturel aussi concurrentiel, tendu et fragile que celui que nous connaissons aujourd'hui. Ces dernières années, le monde de la culture a complètement changé. Nouvelles salles: l'EPFL, maintenant le Rosey à Rolle et la salle du Luna Festival à Nyon, concurrents de plus en plus agressifs, crise du financement culturel que ce soit public ou privé, complexité croissante du management, etc., ....

    Les festivals sont en prise avec cette réalité au quotidien, luttant pour préserver leur ambition d'excellence. Il est évident qu'une saison culturelle à Montreux durant l'année interagit avec l'ensemble des paramètres auxquels sont confrontés les festivals. Il est par conséquent plus qu'essentiel que les actions culturelles se déroulant au Stravinski soit régies par une seule et même approche, une seule et même ligne, une seule et même vision. Ce qui n'empêche pas bien sur de faire des différences en fonction des genres et objectifs poursuivis.

    Aujourd'hui les festivals pensent que la ligne éditoriale de ce que nous voulons faire à Montreux n'est pas suffisamment définie. Ce n'est pas une critique, juste un constat amplifié par le fait que le monde culturel évolue à un rythme de plus en plus rapide.

    Les festivals pensent en outre que trop de structures aux rôles et responsabilités variés entourent la culture. À quoi sert une commission de programmation si elle ne se réunit pas ou si, lorsqu'elle se réunit, elle ne sert qu'à enregistrer un programme déjà bouclé ? Comment ouvrir la saison à des productions privées faites par des géants comme Opus One, Live Music ou l'agence Cécilia à Genève sans défavoriser les festivals qui sont en concurrence frontale avec ses sociétés tout au long de l'année et sans priver le public régional d'artistes intéressants ? Ce double objectif ne peut se réaliser qu'en associant les festivals aux productions extérieures et surtout pas en ouvrant la salle, tel un garage aux producteurs privés extérieurs, comme ce fut le cas récemment. De quoi la saison a-t-elle besoin pour fonctionner en complément des festivals ? Quel profil faut-il à sa tête ? Un directeur qui cherchera à imposer tôt ou tard sa propre ligne ? Ou un coordinateur qui rassemblera ? Comme vous avez pu le lire dans la presse, les Festivals pensent qu'il faut un coordinateur ou un secrétaire général et que le titre de ce poste est très important.

    Nous pensons donc que le départ du directeur de la saison doit permettre de réfléchir collectivement et en profondeur sur la question du quoi ? Que voulons-nous comme Culture à Montreux ? Ensuite nous pourrons répondre au comment, et enfin au combien. Ces questions sont fondamentales et de leurs réponses dépendra les orientations culturelles majeures pour ces 10-20 prochaines années. C'est d'autant plus nécessaire à notre avis de le faire maintenant que le conseil communal, devra se pencher prochainement sur l'avenir du centre des congrès dont l'activité culturelle est une des composantes essentielles.

    Mes deux questions à la Municipalité au nom des 3 festivals seront donc les suivantes:

    - comment la Municipalité et le conseil de fondation de la saison culturelle de Montreux entendent associer les milieux culturels concernés, en particulier les 3 festivals évoqués, dans le choix de la nouvelle direction et la fixation des buts et moyens de la saison ?

    - La Municipalité et le conseil de fondation de la saison culturelle de Montreux sont-ils prêts à donner plus d'autonomie à la commission de programmation, dans laquelle siègent tous les acteurs culturels, en la laissant s'autogérer par exemple et/ou en la consultant sur l'embauche et le choix du futur responsable de la saison ?

    Je remercie la Municipalité pour ses réponses et vous remercie pour votre attention.

    Lors de la même séance du 8 octobre 2014, Monsieur le Conseiller communal Christophe PRIVET a déposé l'interpellation suivante :

    « Le départ du directeur de la saison culturelle a fait l'objet d'une communication sibylline et très formatée de la part de la Municipalité.

    Or, nous savons que ce sont des problèmes réels qui sont à l'origine de ce départ.

    Ainsi, la relation entre la Saison culturelle et les festivals n'est pas au beau fixe, c'est moins que l'on puisse dire.

    Mais est-ce simplement de la faute du directeur, aujourd'hui sur le départ? La Municipalité, totalement liée et investie dans la gestion directe de la Saison culturelle, peut-elle simplement congédier un directeur sans se poser des questions sur le fonctionnement de cette saison ?

    ML estime qu'il est temps de faire une pause, de reprendre le préavis de 2004 sur la culture et de le redéfinir, pour tenir compte de l'évolution incroyablement rapide du monde des grands spectacles au cours de ces dix dernières années.

    Il s'agit aussi de tenir compte du développement des festivals, qui sont tous trois aujourd'hui organisés au 2m2c et qui y ont des bureaux, pour deux d'entre eux.

    Ces structures sont aujourd'hui à la fois plus solides et professionnelles, mais aussi soumise à une concurrence toujours plus dure.

    Nous souhaitons donc que ce changement de management soit l'occasion d'une grande remise à plat et d'une redéfinition des responsabilités, engagements et possibilités de chacun des grands acteurs de la politique culturelle de Montreux.

    Nous souhaitons donc poser les questions suivantes :

    1. Quelle est la raison précise ayant déclenché le départ du directeur de la saison culturelle ?

    2. La Municipalité considère-t-elle que le départ du directeur résoudra les problèmes constatés, notamment par la commission des finances et de gestion, ainsi que par les festivals ?

    3. La Municipalité envisage-t-elle de saisir l'occasion de ce départ pour reprendre le préavis sur la culture de 2004 et analyser s'il devrait être adapté ?

    4. Les acteurs de la politique culturelle tels que les festivals ont-ils émis le souhait que leur relation avec la saison culturelle soit redéfinie ? »

    REPONSE DE LA MUNICIPALITE

    Vu l’unité de matière, la Municipalité a pris la liberté de répondre dans un même document aux deux interpellations mentionnées ci-dessus.
     
    Conformément au préavis sur la politique culturelle No 21/2004, Montreux a créé une Fondation de droit public pour organiser et gérer la Saison culturelle. Cette Fondation a alors repris les responsabilités et activités de la Section des affaires culturelles de l’administration communale. Depuis, chaque année, sur le modèle proposé, une Saison de 16 à 21 dates a été organisée avec comme objectif de proposer aux habitants et hôtes de notre commune et région une diversité d’événements culturels, prolongeant et complétant les soirées de qualité déjà proposées par nos festivals. En moyenne, durant chaque Saison, près de 30'000 spectateurs ont profité des divers concerts et autres événements culturels.

    Pour mémoire, le Conseil de Fondation est composé de trois représentants de la Municipalité, dont le Directeur du Dicastère ECT qui préside, la présidente de la Fondation des arts et spectacles de Vevey et un cinquième membre, spécialiste des questions de communication. En complément du Conseil de Fondation, une Commission de programmation réunit les divers représentants des festivals et des milieux culturels montreusiens, qui peuvent être appelés à émettre des propositions de spectacles. Le personnel comprend un Directeur, une secrétaire-comptable, une responsable de la billetterie et une responsable de l’accueil des artistes et troupes.

    Le Rapport de gestion et les comptes de la Fondation sont présentés chaque année dans le Rapport public sur les comptes de la Commune de Montreux et sont également transmis au Fonds Culturel Riviera, en regard des soutiens publics accordés par ces instances.

    Réponse à la première question de M. le Conseiller communal Grégoire FURRER « comment la Municipalité et le conseil de fondation de la saison culturelle de Montreux entendent associer les milieux culturels concernés, en particulier les 3 festivals évoqués, dans le choix de la nouvelle direction et la fixation des buts et moyens de la saison ? » :

    Comme déjà indiqué au Conseil communal, les festivals ont été associés aux phases finales de la procédure de recrutement au poste de directeur telle que lancée à la fin de l’année 2014. Pour mémoire, cette procédure n’a pas été menée à son terme, afin de permettre d’abord au Conseil de Fondation de finaliser les analyses sur le positionnement de la Saison, son avenir et ses relations avec les acteurs culturels, dont les festivals.

    En ce début d’année, suite à la reprise de la présidence ad intérim du Conseil de Fondation, après la fin volontaire du mandat politique de la personne occupant ce poste jusqu’au 31 décembre 2014, diverses mesures complémentaires ont été prises. Tout d’abord, le 27 janvier 2015, une séance d’échanges et de partages d’analyses entre les directeurs des festivals, le directeur du 2m2c et le président a.i., l’élaboration de propositions communes, puis, le 5 février 2015, leur présentation devant les autres membres du Conseil de Fondation, avec les directeurs des festivals, et enfin, aussi le 5 février 2015, une présentation plus générale avec les membres de la Commission culturelle consultative (CCC), qui, rappelons-le, comprend des représentants des groupes politiques du Conseil communal. Comme indiqué, ces rencontres ont permis d’aborder non seulement la question de la direction mais, de manière plus complète, les propositions pour les adaptations à mener pour les suites de la Saison (voir ci-dessous).

    Réponse à la deuxième question de M. le Conseiller communal Grégoire FURRER « la Municipalité et le conseil de fondation de la saison culturelle de Montreux sont-ils prêts à donner plus d'autonomie à la commission de programmation, dans laquelle siègent tous les acteurs culturels, en la laissant s'autogérer par exemple et/ou en la consultant sur l'embauche et le choix du futur responsable de la saison ? » :
     
    En l’occurrence, le Conseil de Fondation propose à la Municipalité de décider, ce qu’elle a fait, qu’un représentant des festivals siège au Conseil, à savoir au sein de l’organe décisionnel de la Fondation de la Saison culturelle de Montreux (FSCM). De plus, une à deux fois par année, il est prévu une rencontre entre le Conseil et l’ensemble des directeurs de festivals. Cette solution répond à la demande des directeurs des festivals. La Commission de programmation, où les festivals et partenaires culturels montreusiens siègent, poursuivra donc son rôle d’organe d’échanges et de propositions de spectacles et d’événements. Le Conseil complété poursuivra son rôle de décision et de définition des orientations futures. Ceci est gage de bonne gouvernance dans le cadre donné à la FSCM qui, par sa mission d’organiser plusieurs spectacles répartis sur quelques mois, nécessite une structure et une organisation différente de celle d’un festival, par définition limité dans le temps.
     
    Réponse à la première question de M. le Conseiller communal Christophe PRIVET « quelle est la raison précise ayant déclenché le départ du directeur de la saison culturelle ? » :

    Des différences de vision du poste entre le Conseil de Fondation et le Directeur expliquent le départ d’un commun accord de ce dernier. Celui-ci entendait notamment pouvoir élaborer, réaliser et assumer la programmation de la Saison, ou du moins une partie importante, sous sa direction propre et non pas à devoir partager cela avec l’ensemble des membres de la Commission de programmation. Cela n’a pas été sans créer des tensions, respectivement des blocages, avec divers partenaires culturels montreusiens, dont les directions des festivals, qui en ont donc fait part.

    Malgré diverses tentatives du Conseil de Fondation, le Directeur n’a pas pu trouver le positionnement adéquat. Le Conseil de Fondation et ce dernier n’ont alors plus eu d’autres solutions que celle qui a été décidée.

    Réponse à la deuxième question de M. le Conseiller communal Christophe PRIVET « la Municipalité considère-t-elle que le départ du directeur résoudra les problèmes constatés, notamment par la commission des finances et de gestion, ainsi que par les festivals ? » :

    Tout comme le Conseil de Fondation, la Municipalité regrette tout d’abord la situation évoquée et les conséquences, notamment relationnelles, qu’elle a créée. La Municipalité estime que la décision de départ par commun accord était nécessaire pour résoudre les problèmes constatés. Le départ du directeur n’est cependant pas suffisant et la Municipalité est aussi convaincue qu’il s’agit de bénéficier de cette situation pour analyser en détail le rôle et le positionnement de la Saison, en réassurant le dialogue indispensable avec l’ensemble des partenaires culturels, dont évidemment les festivals. Cette analyse permettra de finaliser les réponses aux problèmes soulevés.

    Réponse à la troisième question de M. le Conseiller communal Christophe PRIVET « la Municipalité envisage-t-elle de saisir l'occasion de ce départ pour reprendre le préavis sur la culture de 2004 et analyser s'il devrait être adapté ? » :

    Oui, le Conseil de Fondation et la Municipalité ont évidemment conduit l’analyse susmentionnée en commençant par la base, soit le préavis No 21/2004 en son chapitre sur la Saison culturelle. L’analyse a aussi tenu compte des exercices de la Saison réalisés depuis. Après ces réflexions et échanges avec les divers partenaires culturels montreusiens concernés, dont les directeurs des festivals, il appert qu’il n’est pas nécessaire de reprendre ni d’adapter ledit préavis. Les éléments contenus dans cette proposition permettent en effet les éléments d’adaptation de la Saison, comme présentés ci-après.

    Réponse à la quatrième question de M. le Conseiller communal Christophe PRIVET « les acteurs de la politique culturelle tels que les festivals ont-ils émis le souhait que leur relation avec la saison culturelle soit redéfinie ? » :

    Oui, suite à la situation susmentionnée, les directeurs des festivals ont demandé que leur relation avec la Saison culturelle soit redéfinie ; le Conseil de Fondation l’a souhaité aussi, afin de renforcer encore les synergies et actions communes entre festivals, acteurs culturels montreusiens et la Saison.
     
    Avenir de la Saison culturelle

    Même si, comme mentionné ci-dessus, les objectifs et modalités de la Saison culturelle n’ont pas à être modifiés, l’évolution du paysage culturel romand, et tout particulièrement lausannois, aura des conséquences. En effet, le fait que la salle Métropole soit dorénavant confiée à Live Music Production et qu’Opus One devienne le programmateur extérieur prioritaire du Théâtre de Beaulieu vont directement influencer l’intérêt pour ces deux grandes sociétés d’organisation d’événements culturels ponctuels et de tournées d’artistes d’origine et de genre musical divers, de produire des spectacles à Montreux. Au-delà de l’intérêt du lieu de par son histoire et la qualité de ses salles, de l’approche d’un public de l’Est vaudois, de Fribourg et du Bas-Valais ou encore de l’absence d’impôt sur les manifestations, la proximité géographique rendra moins intéressant – notamment par les coûts supplémentaires que cela représente – le fait d’organiser une deuxième ou troisième soirée à Montreux, ce qui est le cas aujourd’hui, la tournée de ces artistes débutant souvent naturellement à Genève.

    Dans ce cadre et en regard aussi des expériences de ces dernières années, le Conseil de Fondation entend concentrer la Saison culturelle sur des actions de qualité, faisant sens avec Montreux et son histoire, mettant également en valeur les partenaires montreusiens. L’objectif est aussi de conduire plus de véritables coproductions avec ces partenaires que des accueils seuls ou des créations complètement organisées par la Saison. En cela, la future direction de la Fondation aura à coordonner et à renforcer les synergies entre les équipes. Cela sera donc plus un rôle d’Administrateur que de Directeur culturel au sens strict du terme.

    A ce stade, l’idée générale du programme serait environ 8-9 dates en relation avec les festivals (à raison de 3-4 de musique classique, 3-4 d’humour, 1-2 de l’Académie du Montreux Jazz Festival), 3-5 dates en relation avec les partenaires culturels montreusiens (Tous en Choeur, Oratorio, Gospel, Brass Band) et 2-4 dates pour des événements et possibilités particulières (par exemple Tambours de Kodo, I Muvrini ou la venue d’artiste en tournée qui veulent absolument chanter ou jouer dans l’Auditorium Stravinski). Cela représenterait entre 13 et 18 dates, suivant les propositions et l’intérêt. La volonté est aussi d’utiliser divers lieux complémentaires à l’Auditorium Stravinski, afin d’aller plus loin que l’accueil seul d’un concert ou spectacle, mais, lorsque c’est possible, de prévoir diverses déclinaisons, comme « master class », participation à un culte ou messe chanté, conférence ou lecture publique, expositions, etc.

    Au-delà de la Saison même, l’objectif est de renforcer le rôle de la Fondation en faveur du développement de nouvelles collaborations et coopérations avec les festivals et les autres acteurs culturels montreusiens. Diverses thématiques sont envisagées : communication (avec par exemple l’idée d’un site Internet « Culture Montreux » donnant toute information et toute possibilité d’acheter son billet pour toutes les activités culturelles à Montreux), médiation culturelle scolaire en liaison avec les directions des établissements scolaires, mercatique, mise en commun des billetteries et de la vente du marchandisage, ou encore la gestion des besoins en matière d’accueil. Des groupes de travail réunissant les spécialistes en la matière notamment des divers festivals seront mis sur pied pour définir des solutions conjointes et en proposer les modalités de mise en oeuvre, suite aux réflexions et initiatives déjà tentées à ce sujet depuis quelques années.

    Une troisième action est prévue à propos de la redéfinition des coûts d’utilisation du 2m2c, afin d’assurer la couverture des coûts tout en facilitant la compréhension et donc l’utilisation des lieux, respectivement des matériels. La question d’un renforcement des synergies entre les équipes de la Fondation, du 2m2c et des festivals sera aussi abordée, dans le but d’actualiser le « qui fait quoi » et les flux financiers en regard des évolutions de ces dernières années.

    CONCLUSION

    La Municipalité estime avoir ainsi répondu à l'interpellation de Monsieur le Conseiller communal Grégoire FURRER, intitulée « Pour une saison culturelle rassembleuse à Montreux ? » ainsi qu’à l'interpellation de Monsieur le Conseiller communal Christophe PRIVET, intitulée « la saison culturelle ».

    Ainsi adoptée le 6 mars 2015


                                                                                               AU NOM DE LA MUNICIPALITE


                                                                                   Le Syndic                        Le Secrétaire
                                                                                   L. Wehrli           L.S.            O.Rapin
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