Interpellation

Malaise aux VMCV : où en est-on ?

Auteur : Tanya Bonjour (SOC)

  • Dépot séance du 9 octobre 2024

    L’interpellation a été signée par 5 membres au moins

    Mme Tanya Bonjour (SOC)
    Monsieur le Président, Chères et chers collègues,
    Dans Le courrier du 29 septembre dernier, un article intitulé « Conducteur de bus : santé en danger » tirait la sonnette d’alarme à travers le syndicat du personnel des transports, le SEV, sur l’état de santé des chauffeurs. Depuis 12 ans, leurs conditions de travail et leur état de santé physique et psychique n’ont cessé de se détériorer. Selon les recherches d’Unisanté, « les conducteurs de bus sont considérés comme l’un des groupes professionnels les plus malades au monde ». Preuve en est (parmi d’autres) : un taux d’absentéisme particulièrement élevé mis en avant par de nombreuses compagnies en Suisse.
    Qu’en est-il chez nous? En 2018, le parti socialiste interpelait déjà la Municipalité à propos d’une situation qui durait depuis plusieurs années aux VMCV. Une situation qui fragilisait les collaborateurs mais aussi la santé financière de l’entreprise. En 2020, c’est jusqu’au
    Conseil d’Etat vaudois que ces inquiétudes ont été remontées. L’interpellation Talon de novembre dernier, mettait en avant, elle encore le malaise des chauffeurs se retrouvant dans des situations mettant à mal leur santé au quotidien. La situation semble donc toujours préoccupante.
    En tant que conseillères et conseillers communaux, citoyennes et citoyens de Montreux, il est difficilement admissible de continuer à mettre la tête dans le sable en sachant que nous sommes les principaux actionnaires de cette entreprise, ô combien importante pour notre population et au cœur de nos actions pour une mobilité globale plus efficiente. Quelle que soit notre couleur politique, nous ne pouvons continuer à rester sourd devant une souffrance au travail évoquées depuis maintenant plus de 10 ans. Dans un contexte de pénurie de personnel et avec des conditions de travail particulièrement pénibles, il est de notre devoir d’agir pour protéger nos chauffeurs et continuer à proposer un service de qualité à la population.
    Des pistes claires sont évoquées dans l’article : « une amplitude maximale de 10 heures, des tours de repos de 12 heures, un accès garanti aux locaux sanitaires et des temps de battements suffisants pour les utiliser. Une durée maximum de 4 heures de travail avec un temps minimum garanti de pause santé ».
    Au nom du groupe socialiste, DA partageant nos inquiétudes, je me permets de vous poser les questions suivantes qui reprennent ces réflexions :
    1) A propos des pistes évoquées par le syndicat et rapportées dans l’article du courrier, quelles sont mesures mises en place actuellement pour protéger la santé physique des employés?

    2) Lors de l’interpellation de 2018, une résolution demandant un audit avait été acceptée par ce conseil. Cet audit a-t-il eu lieu? Et si oui, quelles en ont été les principales conclusions et quels ont été les changements apportés ?

    3) Le malaise des collaborateurs est-il toujours présent, alors que la direction à elle, changé deux fois de tête. Avez-vous eu de retours sur le sujet ? Si oui, par quels biais ?
    Quelles suites avez-vous donné à ces demandes ?

    Toujours dans l’article du courrier, les conditions des travailleurs âgés et des plus fragilisés par les conditions de travail sont plus particulièrement pointées du doigt: poussés vers la sortie, ils se retrouvent remerciés sans mesures particulières et précarisés ensuite dans le monde du travail.
    4) Combien de chauffeurs ont été remerciés ou ont quitté leur poste ces derniers 6 mois ? Des mesures pour aider les 50 ans et plus dans leur réinsertion sont-elles prévues par la Direction? Si oui, lesquelles?
    5) A quel pourcentage se situe le taux d’absentéisme actuel dans l’entreprise pour cause de maladie?
    6) Par ailleurs, les chauffeurs se retrouvent tout au long de la ligne avec un dilemme un important: Dans une journée de travail, les pauses WC urgentes sont autorisées. Ils peuvent pour cela laisser le bus éteint durant ce laps temps. Problème: la loi ne leur permet pas de laisser un bus sans chauffeur avec des usagers à l’intérieur. Dès lors, des temps de régulations durant lesquels personne ne monte dans le bus en fin de ligne, sont-ils prévus pour pallier cette situation? A chaque terminus, y a-t-il des sanitaires disponibles en tout temps?
    7) Il est à noter que suite à la dernière interpellation Talon déplorant le manque de WC en fin de ligne, l’entreprise a fini par prendre les devants en proposant une solution plus durable au Parking P+R. En ce qui concerne les autres WC, existants sur la ligne, comment sont entretenus ces WC ? Par qui? somme tout: qui paie?
    8) Si c’est le fait du privé, la commune peut-elle prévoir un budget à travers un partenariat pour un entretien adéquat de ces lieux?
    9) En ce qui concerne la gestion des ressources humaines, existe-il des rencontres régulières entre la direction actuelle et les syndicats pour connaître l’état de santé des collaborateurs ? Si oui, sous quelle forme et à quelle fréquence?
    10) Des procédures judiciaires sont-elles en cours contre la Direction de la part des
    employé·es ? Si oui, combien?
    11) Il y a maintenant 11 mois, une résolution demandait à la Municipalité « d’entreprendre tout ce qui est dans ses moyens pour résoudre, de façon durable, la crise actuelle et assurer au personnel des conditions de travail dignes. » Quelles sont les mesures concrètes qui ont été prises?
    Je suis consciente que la plupart de ces questions requièrent une validation du conseil d’administration en amont, mais j’aimerais attirer votre attention sur le fait que l’on parle ici de conditions de travail délétère qui, si elles sont avérées aussi aux VMCV, durent depuis bien trop longtemps. Elles impliquent le vécu quotidien de collaborateurs au service de notre population.
    Pour terminer, le parti socialiste tient à remercier du fond du cœur toutes et tous les chauffeurs pour leur travail quotidien, parfois pénible, qui sont conscients malgré tout, de se trouver sur un tracé aux paysages exceptionnels et de bénéficier de contacts privilégiés qu’ils maintiennent avec plaisir avec les usagers de leur bus.
    Je vous remercie de votre écoute.

  • Réponse à l'interpellation séance du 9 octobre 2024

    M. Florian Chiaradia, Municipal
    Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
    Vos 11 questions nécessitant une coordination avec l’entreprise VMCV SA, la réponse sera donnée lors d’une prochaine séance, tout en précisant d’ores et déjà que le secret des affaires sera évidemment préservé.

  • Réponse à l'interpellation séance du 11 décembre 2024

    Mme Tanya Bonjour (SOC)
    Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
    Pour commencer je tiens à remercier M. le Municipal Chiaradia et le conseil d’administration des VMCV pour ces réponses. Plusieurs points positifs sont à relever, notamment les conditions de travail meilleures que celles prévues dans la CCT, ou encore des espaces de discussion réguliers entre la direction et les employés. Cependant, certains éléments rapportés restent plus problématiques, avec par exemple la question de l’absentéisme, qui, bien qu’ayant été réduit récemment, reste élevé à près de 10 %. Ces éléments de réponse nous montrent qu’une volonté de proposer des conditions attractives aux employés est bien présente, en particulier dans un métier aussi difficile que celui de chauffeur de bus et que la prise en poste de la nouvelle directrice semble aller dans ce sens. Néanmoins, ayant à cœur le bien-être des employés au service de notre commune, nous resterons attentifs à la situation de nos chauffeurs dans les années à venir, espérant qu’un réel changement soit bien en cours et permette, petit à petit, aux VMCV de sortir de manière durable de nombreuses années difficiles pour leurs employés.

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