Interpellation

Des places de parc qui s’évaporent: quel avenir pour nos petits commerces ?

Auteur : Mathieu Quartier (PLR)

  • Dépot séance du 26 mars 2025

    M. Mathieu Quartier (PLR)
    Monsieur le Président, Monsieur le Syndic, Mesdames et Messieurs les Municipaux, Chères et chers Collègues,
    Par la présente, je souhaite attirer l'attention du Conseil communal sur la problématique de la diminution des places de parc dans notre commune. En effet, de nombreux commerçants et habitants, tant de Montreux que des villages environnants, me font régulièrement part du constat d'une diminution constante des places de parc en ville, (pas plus tard que cette semaine, nous avons encore constaté la disparition de stationnements sur la place de la gare).

    1. Impact sur les petits commerces et l'attractivité du centre-ville
    Les petits commerces sont le tissu économique de notre commune. Un accès facilité, incluant des possibilités de stationnement de courte durée, permet de maintenir leur clientèle et d'attirer de nouveaux visiteurs. La raréfaction des places de parc menace directement leur survie et génère une dévitalisation du centre-ville.

    2. Contraintes pour les habitants des villages avoisinants
    De nombreux citoyens des villages souhaiteraient se rendre à Montreux, faire des achats ou se rendre chez des prestataires de services. Sans stationnement facilement accessible, leurs déplacements deviennent de plus en plus compliqués, ce qui crée un sentiment de frustration et nuit à la cohésion de la région et finit par les détourner en des lieux extérieurs plus accueillants.

    3. Équilibre entre mobilité douce et nécessité de stationnement
    Bien que la promotion des mobilités douces et des transports publics soit un objectif louable, il est important de trouver un équilibre pour préserver la qualité de vie et le dynamisme économique de Montreux. Une politique de mobilité doit, certes, encourager les transports en commun, la marche et le vélo et vous conviendrez qu'il n'est pas facile de proposer à des Cauchois ou des Avenouds les mêmes recettes qu'à nos citadins.

    Face à ces éléments, je pose les questions suivantes à la Municipalité :

    1. Étude d'impact et mesures envisagées

    • Combien de places ont été supprimées depuis le début de la législature et combien avez-vous encore prévu d'en supprimer ?
    • La Municipalité a-t-elle réalisé récemment une étude d'impact sur l'économie locale et la fréquentation de la commune, liée à la diminution des places de parc ?

    2. Politique d'accès à la ville cohérente

    • Existe-t-il une stratégie globale de la Municipalité pour maintenir l'attractivité de la ville pour l'ensemble de nos citoyens ?

    En vous remerciant de l'attention portée à ces questions et dans l'attente des réponses de la Municipalité, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, Monsieur le Syndic, Messieurs les Municipaux, Chères et chers Collègues, l'expression de ma considération distinguée.


    M. Florian Chiaradia, Municipal
    Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
    La Municipalité apportera une réponse écrite à la présente interpellation.

  • Réponse à l'interpellation séance du 21 mai 2025

    M. Mathieu Quartier (PLR)
    Monsieur le Président, Monsieur le Syndic, Mesdames et Messieurs les Municipaux, Chères et Chers collègues,
    Je tiens à remercier la Municipalité pour la réponse apportée à mon interpellation relative à la diminution des places de stationnement dans notre commune, et aux conséquences que cela engendre pour les commerces de proximité et l’accessibilité du centre-ville.
    Toutefois, plusieurs éléments de cette réponse m’amènent à formuler les réflexions suivantes.

    1. Un déficit de suivi préoccupant : Il est regrettable qu’aucun suivi précis du nombre de places de stationnements supprimées ou créées ne soit actuellement en place.
      Cette absence de vision chiffrée rend toute évaluation objective difficile, tant sur le plan de la mobilité que sur celui de l’économie locale. En se concentrant sur la disponibilité des ouvrages sous gestion, nous favorisons les grandes enseignes.
    2. L’absence d’étude d’impacts économiques : Notre Municipalité admet qu’aucune étude spécifique n’a été réalisée quant aux effets de la suppression des places de stationnement, sur la fréquentation ou le chiffre d’affaires des commerces. Il me paraît essentiel qu’un tel travail soit conduit, en collaboration avec les acteurs économiques de la commune. C’est à cette condition que les décisions pourront être prises de manière éclairée, en tenant compte des réalités du terrain.
    3. Une approche défensive qui mérite d’être réévaluée : Il est indiqué que les suppressions de places ne sont pas « proactives », mais résultent d’autres impératifs (sécurité, normes, demandes ponctuelles). Cela montre une approche davantage réactive que stratégique. Il est fondamental que la Municipalité assume un rôle de pilotage clair en matière de mobilité et d’aménagement urbain, en articulant les différentes contraintes dans une vision d’ensemble.
    4. Un plan directeur attendu, mais lointain : La perspective d’un Plan directeur des mobilités et du stationnement pour 2026 est bienvenue, mais elle laisse un vide juridique jusqu’à son entrée en vigueur. Or, dans l’intervalle, des décisions continues sont prises et souvent irréversibles.
    5. Des mesures ponctuelles à renforcer : Les efforts engagés - tels que la rationalisation du stationnement de courte durée, ou le développement ponctuel de parkings en ouvrage - vont dans la bonne direction, mais demeurent insuffisants. Une politique plus volontariste est attendue, pour redynamiser le cœur de Montreux, notamment en assurant un accès facilité à ses commerces pour tous les publics, y compris ceux venant des villages et des environs.

    En conclusion, je renouvelle mes remerciements à la Municipalité pour les précisions apportées. Toutefois, au vu des enjeux soulevés, je formule le vœu que les réflexions en cours débouchent sur des mesures concrètes, équilibrées et cohérentes. C’est à cette condition que nous pourrons concilier développement durable, qualité de vie et vitalité économique locale. Je vous remercie pour votre attention.

    M. Léo Sémon (VER)
    Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
    Par cette intervention, il s’agit pour moi de dresser quelques constats simples, voire presque évidents. D’abord parlons un peu de chiffres, sauf lors d’évènements exceptionnels comme le Montreux Jazz, ou le Marché de Noël, il n’y a pas de pénurie de places stationnement au centre-ville.
    Les parkings du Forum, de la gare ou de Donner n’ont jamais atteint simultanément la saturation, nous constatons même une marge considérable de places libres tout au long de l’année. Ainsi prétendre défendre les petits commerces en ne parlant que des places de parcs, c’est disons-le, un petit peu léger et surtout c’est refuser d’anticiper l’avenir. Ne nous le cachons pas : si rien n’est fait pour améliorer l’attractivité du centre-ville, les commerces en souffriront. Non pas à cause de la suppression fantasmée de quelques places de parcs, mais en raison du manque flagrant d’espaces agréables pour flâner, boire un verre sur une terrasse accueillante et consommer localement. Or ces espaces ne peuvent émerger qu’à travers une politique de mobilité douce au sein de notre commune. Franchement, qui a envie de flâner et encore moins de consommer dans un endroit saturé par le trafic automobile ?
    Il est souvent fait mention de la liberté individuelle, de la liberté de prendre sa voiture, très bien, pourtant, jusqu’à preuve du contraire, tout est en place pour faciliter l’accès des voitures à notre centre-ville. Rappelons-le, la liberté ce n’est pas qu’une affaire de voiture, de quelle liberté dispose la scootériste lorsqu’elle ne trouve pas où se garer, alors qu’un tiers des emplacements pour voitures sont vacants ? De quelles libertés dispose le cycliste dans une commune manquant cruellement de stationnement pour les deux-roues et qui, en plus, doit affronter une route cantonale en piteux état, bordée de nombreux nids-de-poule et cruellement dépourvue d’aménagements adaptés ? Ne nous trompons pas, chères et chers collègues, si nous ne prenons pas les mesures nécessaires pour rendre notre centre-ville plus agréable, d’autres communes prendront les devants et nos commerces perdront une clientèle qui ira ailleurs.

    La parole n’est plus demandée, la discussion est close.